Micro entreprise ou SASU : la création coûte 0 € d'un côté, 223,56 € de formalités de l'autre, et la plupart des comparatifs s'arrêtent là. À 35 000 € de chiffre d'affaires en services, l'écart réel de la première année atteint 7 200 à 8 500 € de revenu net. Il vient de six frais, dont deux seulement se paient à la création.
Frais de création : 0 € en micro-entreprise, 224 € minimum en SASU
Frais n°1 : immatriculation et déclaration des bénéficiaires effectifs
L'immatriculation d'un micro-entrepreneur au guichet unique de l'INPI est gratuite, sauf pour l'agent commercial, qui paie 23,21 € d'inscription au RSAC. La SASU paie 33,83 € d'immatriculation au RCS et 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs (DBE) au greffe.
Frais n°2 : statuts et annonce légale
Une SASU exige des statuts et une annonce légale de constitution. Depuis l'arrêté du 19 novembre 2025, l'annonce est un forfait de 142 € HT, soit 170,40 € TTC, en France métropolitaine. Les statuts coûtent 0 € rédigés vous-même, 99 à 200 € HT via une plateforme, 1 000 à 2 000 € chez un avocat.
L'ordre compte : statuts signés, dépôt du capital contre un certificat de dépôt, annonce contre une attestation de parution, puis dossier au guichet unique, pour un Kbis en 1 à 2 semaines. Le détail de chaque formalité figure dans le parcours de création d'entreprise.
Banque et comptabilité : les frais fixes qui font la différence
Frais n°3 : compte bancaire et dépôt de capital
Le micro-entrepreneur n'ouvre un compte dédié, pas forcément professionnel, qu'après deux années civiles consécutives au-delà de 10 000 € de chiffre d'affaires. Un compte séparé, conseillé, coûte 10 € par mois : 120 € la première année. La SASU dépose son capital (1 € minimum, art. L227-1 du Code de commerce) sur un compte professionnel, qui délivre le certificat de dépôt. Comptez 11 à 30 € par mois, soit 240 € la première année pour une offre à 20 €.
Frais n°4 : expert-comptable et dépôt des comptes
En micro-entreprise, un livre des recettes (plus un registre des achats en vente) suffit. La SASU doit produire bilan, compte de résultat, liasse fiscale et bulletins de paie du président rémunéré, puis déposer ses comptes au greffe (45 € chaque année). Un expert-comptable facture 70 à 150 € HT par mois en ligne, 150 à 300 € HT en cabinet : 1 800 € HT, soit 2 160 € TTC, pour une offre à 150 €.
Notre conseil : clôturez le premier exercice 12 à 18 mois après la création : un seul bilan au lieu de deux, 600 à 1 500 € économisés.CFE et cotisations : les deux frais qui arrivent après la création
Frais n°5 : la CFE, nulle la première année à une condition
Dans les deux statuts, la cotisation foncière des entreprises n'est pas due l'année de création, et la base est réduite de 50 % l'année suivante. La société dépose toutefois la déclaration 1447-C-SD avant le 31 décembre de l'année de création. Jusqu'à 5 000 € de chiffre d'affaires, la cotisation minimum n'est pas due. Au-delà, la base minimum (250 à 597 €) est multipliée par le taux communal : prévoyez 100 à 300 € la deuxième année, payables au 15 décembre sous peine de 5 % de majoration.
Frais n°6 : cotisations sociales et rémunération du président
Le micro-entrepreneur cotise sur le chiffre d'affaires encaissé : 12,3 % en vente, 21,2 % en prestations de services BIC, 25,6 % en BNC depuis le 1er janvier 2026. Le président de SASU, assimilé salarié, coûte 80 % de son salaire net en cotisations (22 % salariales, 42 à 45 % patronales), sans droit au chômage. Sans salaire, il ne cotise pas et ne valide aucun trimestre.
Depuis la LFSS 2026 et le décret n° 2026-69 du 6 février 2026, l'ACRE réduit les cotisations de 25 % dans les deux statuts. En micro-entreprise de services créée depuis le 1er juillet 2026, le taux tombe à 15,9 % jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant le démarrage. Pour le président de SASU, la réduction vaut 12 mois sur les cotisations maladie, vieillesse de base, invalidité-décès et allocations familiales, pleine jusqu'à 36 045 € de revenu, dégressive jusqu'à 48 060 €. La demande se dépose à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité, comme le précise la fiche officielle de Service Public sur l'ACRE.
L'ACRE ne rapporte rien au président de SASU payé uniquement en dividendes : sans salaire, il n'y a pas de cotisation à réduire. Sur 21 500 € de salaire brut, elle économise 1 400 € la première année.Micro-entreprise ou SASU à 35 000 € de chiffre d'affaires : le bilan chiffré de la première année
Cas type, hors ACRE : consultant seul et célibataire en services BIC, 35 000 € de chiffre d'affaires, 2 000 € de charges, sous la franchise de TVA de 37 500 €.
Poste, année 1 Micro-entreprise SASU, salaire SASU, dividendes Formalités, statuts (plateforme), annonce 0 € 374 € 374 € Banque 120 € 240 € 240 € Expert-comptable 0 € 2 160 € 2 160 € CFE 0 € 0 € 0 € Cotisations sociales 7 420 € 13 436 € 0 € Impôts (VFL 1,7 %, IR, IS 15 % + PFU 31,4 %) 595 € 390 € 12 601 € Revenu net disponible 24 865 € 16 400 € 17 625 €La micro-entreprise garde 8 465 € de plus que la SASU en salaire, 7 240 € de plus qu'en dividendes. Les frais fixes de la société (2 774 €) pèsent un tiers de l'écart ; cotisations ou double imposition IS + PFU font le reste.
Quand la SASU reprend l'avantage, et les 3 erreurs qui coûtent cher
La SASU l'emporte dans trois cas. Vos charges réelles dépassent 35 à 40 % du chiffre d'affaires, que la micro ne déduit pas. Votre chiffre d'affaires approche le plafond de 83 600 € en services ou 203 100 € en vente. Vous laissez le bénéfice dans la société, imposé à 15 % jusqu'à 42 500 €. Elle sert aussi le créateur indemnisé par France Travail, qui cumule ARE et dividendes.